De la musique plein les oreilles

Publié le par Virginie

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Hier soir, je me suis rendue au théâtre Cervantès pour aller écouter l'orchestre philharmonique de Malaga. Le théâtre est plutôt impressionnant, avec ses labyrinthes de couloirs, ses balcons, sa grande peinture au plafond...

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          L'orchestre philharmonique de Malaga donna son concert inaugural le 14 Février 1991, donnant à la ville un grand orchestre symphonique dont le talent aura frappé des pays comme la Suisse, la Grèce, la Slovaquie, la République tchèque et l'Allemagne. Cet orchestre offre aux habitants de la ville de la musique de qualité grâce à des chefs d'orchestre et des solistes de renommée nationale et internationale. De même il propose des oeuvres célèbres tout en essayant de faire connaître des oeuvres de compositeurs contemporains.

         Ce soir, Tchaikovsky est mis à l'honneur: un concerto de piano suivi d'une symphonie de ce célèbre compositeur seront interprétés.
         Mais avant cela, l'orchestre jouera une oeuvre de 5 minutes écrite par un jeune compositeur de Malaga pour l'occasion. En effet, Luis A. Torres a écrit cet oeuvre sur commande en vue de préparer le public à l'écoute de la musique qui va suivre. Il a appelé cette intoduction "Kamenka", du nom de la ville ukrénienne où Tchaikovsky s'est inspiré au moment d'écrire les pièves de musique de la soirée. 
J'ai réellement adoré cette introduction: de la musique contemporaine reprenant des thèmes des morceaux qui vont suivre avec une extraordinaire impression de continuité, jouant de la texture des instruments, leur faisant imiter des éléments électroacoustiques, passant du chaos à la mélodie apaisée sans aucune difficulté!
          Peut alors commencer le "concerto n°2 pour piano et orchestre en sol majeur, op.44' de Tchaikovsky. Le pianiste invité pour l'occasion est Konstantin Scherbakov. Cet homme a été appelé un "moderne Rachmaninov" et est connu mondialement pour ses interprétations des transcriptions de Liszt des symphonies de Beethoven. Quand il fait son apparition sur la scène afin de s'installer à son piano, on le sent "habité"... Mais quel bonheur de l'écouter!! Il joue en parfaite harmonie avec l'orchestre et on a l'impression que ce sont ses mains elle-mêmes, par l'intermédiaire de touches invisibles à nos yeux, qui font jaillir les notes de la flûte ou du violon qui répondent au son de son piano! Leur dialogue est si naturel et fluide qu'il semblerait que le piano change de timbre pour emprunter celui de la flûte sous les doigts du pianiste! Ses solos sont époustouflants, et à le voir, on penserait que c'est facile d'être un virtuose! A la fin du concerto, les applaudissements étaient très bien nourris et il reviendra pour nous offrir plusieurs morceaux magnifiques, qu'il fera de tête, sans partitions, tout comme le concerto qu'on venait d'écouter et qui durait 34 minutes tout de même!
         Lors de l'entracte, durant laquelle j'ai visité avec curiosité le théâtre, le piano a été retiré pour laisser plus de place au chef d'orchestre jusqu'alors coincé entre ses musiciens et le piano. En effet, la deuxième oeuvre, "symphonie n°2 en do mineur, op.17" intitulée "Petite Russienne", ne requiert pas la présence d'un piano.
         Durant cette pièce, mes yeux ont été attirés par le charismatique chef d'orchestre... Il s'agit d'Aldo Ceccato, récompensé plusieurs fois, ayant dirigé des orchestres du monde entier (Italie, Espagne, France, Allemagne, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, Japon, Israël... et j'en passe!). Il vit complètement la musique émanant de son orchestre! Son air est parfois sévère, voire menaçant et puis soudain son visage est bienveillant, dirigé vers un musicien offrant une mélodie douce...Jusqu'à ce qu'on le sente se métarmophoser au son des timbales, exprimant leur force par des mimiques colériques! Je l'ai comparé quelques fois au Père-Noël comme on l'imagine apportant de nombreux cadeaux...mais à d'autres moments, cette image s'effaçait complètement, comme lorsqu'il se mettait à crier tel un Russe dansant le kasatchok!
A le voir, diriger un orchestre, c'est du sport! A force de s'exciter et de sauter à pieds joints sur place ou encore de battre la mesure de manière mécanique en employant tout son corps (dans un mouvement similaire à une poupée à ressorts que l'on aurait trop remontée jusu'à ce que le mécanisme soit bloqué devant le choix impossible face à deux mouvements) il dégoulinait de sueur et ses cheveux restaient plaqués sur son front brillant! On le voyait d'aileurs souvent plus rouge qu'un Viêtnamien après avoir bu un verre de bière (les Viêtnamiens que je connais comprendront ici à quel point sa peau devait se rapprocher du cramoisi!)! 
         Mais quel résultat...!!! Son talent ne se mesure pas à ses acrobaties, mais bel et bien à la beauté de la musique que nous a offert ce chef et son orchestre... Grandiose!

         Pour une intéressante biographie de Tchaikovsky:
http://www.coindumusicien.com/Lecoin/tchaikov.html        (en musique s'il vous plaît!)

De nombreuses oeuvres de ce compositeur ont dû déjà effleurer vos oreilles: Le Lac des Cygnes, La Belle au Bois Dormant, Casse-Noisette et beaucoup d'autres encore!

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