L'époque musulmane à Malaga

Publié le par Virginie

Malaga a été fondée par les Phéniciens, puis a connue son ère romaine. Mais la conquête menée à bien par les musulmans en 711 va interrompre le processus de féodalisation qui avait commencé à l’époque wisigothique. Une nouvelle étape commence alors pour Malaga qui - durant huit siècles – va demeurer sous la houlette de l’Islam.
Le processus d’islamisation, entrepris durant les VIIIe et IXe siècles et encouragé par la nouvelle dynastie des Omeyyades, va devoir faire face à la résistance de groupes tribaux, et à celle des héritiers de l’aristocratie wisigothique. Ces derniers vont lutter contre l’État cordouan au cours du dernier tiers du IXe siècle.

Après la prise de Bobastro par Abd Al rahman III, l’Islam règne en maître à Malaga. Il s’en suit une époque de paix et une réorganisation sociale. Les villes se développent et, dans le monde rural, les alquerías (fermes et leurs dépendances) essaiment. L’artisanat et le commerce fleurissent. Les terres irrigables sont la base de l’agriculture intensive.

Le système en vigueur dans le Califat brilla de tous ses feux jusqu’à la mort d’al-Hakam II en 976 ; ce dernier laisse un seul fils qui monte sur le trône alors qu’il n’est encore qu’un enfant sous le nom de Hisam II. Différents événements auront lieu sous ce règne qui conduiront à la destruction du Califat au fil du temps. Ils seront à l’origine d’une crise qui aboutira au morcellement du Califat en de nombreux royaumes dénommés Taifas. Il s’agit d’une crise d’ordre politique et de luttes intestines pour le pouvoir qui ne remettent pas en question le système islamique.

La crise du Califat entraîne l’apparition de nombreux califes appuyés par différents groupes et que les gouvernants reconnaîtront ou non en fonction de leurs intérêts.

C’est au cours de ce siècle de luttes que l’Alcazaba (forteresse) de Malaga est construite.

L'Alcazaba:
Cette construction impressionnante, dont la plus grande partie fut réalisée au XIe siècle, était le palais forteresse des gouvernants musulmans de la ville.
Elle se dresse sur une colline tout en s'adaptant à sa topographie.
Elle est constituée de deux enceintes fortifiées. L'inférieure - qui entoure complètement l'enceinte supérieure - est un grand espace s'adaptant à la topographie de la colline. La supérieure, également très adaptée à la forme de la colline, est bien défendue sur les deux flancs. Elle abrite le Palais.

















Le château de Gibralfaro:
Le toponyme provient d'un terme arabe Yabal (mont) et d'un autre dérivé du grec Faruh (fare), ce qui suggère un emploi possible du mont - depuis l'époque phénicienne et carthaginoise - comme tour de guet de la côte.
Les sources arabes citent souvent le terme Gibralfaro, mais en rapport avec un oratoire de la cime et avec le grand cimetière reposant sur son flanc. Les références à la fortification en soi son tardives, car elle fut construit à l'époque de Yousouf Ier (XIVe s.).
À cette époque-là, en raison de l'emploi généralisé de l'artillerie, il fallut édifier cette forteresse pour protéger l'Alcazaba, dépourvue de toute défense depuis les collines qui la dominent.
L'intérieur du château abrite un Centre d'interprétation.



















Les empires Almoravides et Almohades d’origine berbère se succèdent depuis la fin du XIe jusqu’au XIIIe s. Nous assistons à l’incorporation définitive des terres et de la ville de Malaga dans l’Occident méditerranéen; ce fait se reflète non seulement dans l’essor de la ville, mais encore dans le dirigisme économique du monde rural qui permettra à la longue une exploitation de type précolonial.

Malaga comprenait deux faubourgs en dehors de ses murailles et entretenait des relations commerciales discrètes avec le Maroc. La ville comptait une classe moyenne qui se consacrait à l’artisanat et au commerce régis par le traité de gouvernement du souk rédigé par Al-Sagasti de Malaga.

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